On voit toujours sa vie comme à travers un kaléidoscope. Déformée. Belle ou désespérée selon les heures. Et parce qu’il y a les jours de gloire et les jours de désespoir, j’écris, pour ne pas avoir à porter des sentiments trop lourds, qui m’étouffent. Quelques mots, simple échappatoire pour regarder sa vie dans un miroir et trouver le recul nécessaire pour avancer.

RSS
 

Posts Tagged ‘Vers libres’

Quel que soit…

06 fév

Un petit défi, pour ne pas « perdre la main » : comme je trouve toujours que les mots que j’utilise sont trop complexes, que j’ai parfois l’impression de les poser pour « faire genre » et pas vraiment pour le sens qu’ils véhiculent, je me suis procurée une liste des 600 mots (adjectifs, noms et verbes) les plus courants de la langue française, que j’ai uniquement utilisés ici (avec quand même quelques adverbes simples, pronoms, etc…). Au moins, vous comprendrez tous les mots, n’est-ce pas ?!? Et comme quoi, on peut faire un poème quel que soit le vocabulaire utilisé !!

cloitre & solitude
Quel que soit le temps
Quel que soit l’instant
Le petit bonheur
Offrant ses couleurs
Au matin
 
On est toujours seul
 
Tant de fois
Dans tes bras
Cœur brûlé
 
Quelle que soit l’envie
Le jour ou le prix
D’un autre chemin
Quelle que soit la main
Que l’on tend
 
On est toujours seul
 
Ombre bleue
Dans tes yeux
Si légers
 
Quelle que soit la peur
Quelle que soit l’erreur
La douce musique
Ou l’esprit se risque
A rêver
 
On est toujours seul
 
Sans un bruit
Dans la nuit
Vent mauvais
 

La terre est bleue comme une image

05 sept

C’est la force de certaines phrases de nous marquer, de nous inspirer. Merci Lily et Josette de nous offrir votre interprétation personnelle du poème d’Eluard – c’est beau, je trouve, de se réaproprier une oeuvre, ça n’a rien de destructeur, même si les mots ne sont plus les mêmes .

 La terre est bleue
Comme une orange
Plénitude sphérique
Où les mots s’abreuvent
A la source fraîche
De nos cœurs tendres et fous
Quelques secrets lovés
Dans le creux de son âme
Fondent en sourires en baisers
Sur ses lèvres sur ma peau
Au chant de l’oiseau vert
Langue qui roule dans mon cou
Un collier de fenêtres
M’apporte lumière et vie
Toutes les joies solaires
Qui irradient son corps
Des ailes couvrent les feuilles
Sur les chemins de ta beauté.
Lily
 
La terre est bleue comme une orange
L’âme est bleue d’avoir vécu
Voyez comme c’est étrange
J’avais soif d’absolu…
Josette
 

La terre est bleue comme un matin

02 sept

Suite à ma diatribe (pas toujours justifiée, je l’avoue Lily !) à propos du célèbre poème d’Eluard (ICI), Martine et Michelaise m’ont offert des « réinterprétations » que je me m’empêcher de faire partager à ceux qui ne les auraient pas vues, parce que je les aime beaucoup !!

 La terre est bleue comme une orange
L’aube lui passe autour du cou
Un fin collier de fenêtres,
Tous les secrets, tous les sourires
Frêles vêtements d’indulgence
Subliment ses douces courbes
A la croire tout nue…
Martine
 
La terre est bleue comme une orange,
Espoir déçu, attente étrange…
La terre est sous nos horizons
Qui doucement, sans bruit, se font
Et se défont, azurs incandescents
Perdus en rêves indécents.
Michelaise
 

Parchemin de vie

25 juin

Dans la même veine que l’article d’hier, un poème illustré. En réalité, je devrais dire plutôt une image exprimée. Le dessin date de plusieurs mois déjà. C’est la plus réussi d’une série de « calligraphies chinoises » – en fait des tentatives de représentation de bambous à la chinoise, c’est-à-dire à l’encre de chine et au pinceau.

Plusieurs mois plus tard, donc, je me suis dit que je ne pouvais pas la laisser comme ça et que je devais l’habiller de mots. J’ai cherché, dans mon enveloppe « inspirations » (une enveloppe dans laquelle je mets en vrac images et mots découpés dans les journaux ou croisés dans la rue), et il en est ressorti les vers suivants :

Parchemin de vie - Bambou

Les yeux plongés au firmament
J’aurais voulu
La vie rêvée
Poupée d’absurde à la dérive
Entre les lignes j’écrirais
Morceaux de vie
Au bout des doigts
Derrière un écran de fumée
J’ai vu ma plume s’envoler
Prémonition
L’âme en peine
Sur les flots de la nostalgie
Et confier à la dernière heure
A bout de vie
D’art et d’amour
Confier les mots en héritage

J’ai aimé, dans ces vers, créer la confusion par l’absence de ponctuation. En particulier, on peut lire : « Entre les lignes j’écrirais // Derrière un écran de fumée » ou « Derrière un écran de fumée // J’ai vu ma plume s’envoler ». Et je ne sais toujours pas si je confie mes mots à « la dernière heure », ou si c’est à vous que je les offre.

 
 

Un corbeau sur le toît…

21 juin

Les participations à mon jeu concours ne se bousculent pas… c’est dommage, il faudrait bien que je finisse ma série des « at’mots’sphères »… Allons, n’hésitez pas à jeter vos idées, même les plus loufoques, ICI ! Vous avec encore tout le temps, jusqu’à dimanche soir !! 

Et pour vous motiver, quelques détails sur le prix : c’est un petit livret relié par mes soins, au format A5 regroupant les (bientôt) 7 calligrammes de la série imprimés puis aquarellés. Une pièce unique (non, je ne prends pas la grosse tête, je me vends) !!


Un corbeau sur le toît

Depuis longtemps déjà, ce calligramme traîne dans mes cartons. Un corbeau, un toit de tuiles, un arbre mort. C’est un image que j’ai croisée et qui, comme un mauvais présage, m’a suffisamment marquée pour que j’ai envie de l’exprimer.

Bien sûr, vous pouvez cliquer sur l’image pour la voir un plus grand, mais si vous n’avez pas envie de vous arracher les yeux en décryptant mon écriture, voici la « traduction » :

Le corbeau :
Une corneille juchée examine le ciel noirci par la suie et par l’encre mêlées. Le ciel des nostalgies qui
s’éteint dans l’hiver abyssal, insondable moment maudit. Un cri fuse, présage des malheurs.
 
Le toit :
Mille ardoises, sur le toit, miment le temps schisteux, anéantissement soudain et immuable, insensible
dégénérescence de ces moments que l’on croyait éternels.
Tout se tait dans la nuit de velours charbonneux, et puis il n’y a plus d’après.
 
L’arbre mort :
Et l’arbre décédé, souillé par le froid de la mort, dresse ses branches macabres, ténébreuses, dans un élan
funeste. Funeste graffiti géométrique, noir désir de la nuit.

Comme ma vie est absolument trépidante, je serai encore privée d’internet pendant quelques jours, à partir de
demain à l’aube. Vous me pardonnerez de ne pas répondre tout de suite à vos commentaires, ni à ceux des autres articles que j’ai programmés jusqu’à dimanche soir.

 

Calligrammes des quatre éléments – Air

15 mar

 Calligramme Air

Aujourd’hui, j’imagine un instant d’accalmie,
Comme une tempête de liberté;
Reprendre haleine dans l’hymne éthéré,
Et prendre mon essor, atmosphère azurée…
 
 

Calligrammes des quatre éléments – Eau

14 mar

Calligramme Eau

Juste une larme claire au fil des souvenirs,
Emportés par le jusant déferlant.
Gisant dans l’abîme phosphoréscent,
Les restes d’une vie se figurent corail…
 
 

Calligrammes des quatre éléments – Terre

13 mar

Après le feu, voici la Terre… Vous pourrez vous demander en quoi cette forme représente la Terre pour moi ? Il y adeux raisons : déjà je voulais quelque chose de symbolique, plus qu’une branche d’arbre ou une maison. Et puis le picogramme représentant la Terre, vous le voyez ici : j’ai voulu m’en inspirer tout en respectant la rondeur qu’évoque chez moi la Terre… Tout en parlant de cette catastrophe qui frappe le Japon, avec des mots sans doute trop faible pour exprimer tous ce qu’ils ont pu ressentir, mais comme un hommage.

Calligramme Terre

La glaise modelée forme un corps assoupi,
Infiniment friable et rocailleux.
En multiples soubresauts argileux,
L’inaltérable instant s’attarde, minéral…
 
 

Calligrammes des quatre éléments – Feu

12 mar

J’aime les calligrammes… c’est une sensation très tactile d’allier de cette manière dessins et mots… j’aime les calligrammes, et depuis un moment déjà je pensais me lancer dans une série – courte et chiffrée. J’hésitais entre les éléments, les péchés, les âges de la vie… C’est finalement l’actualité qui m’a montré une voie à suivre, une parmi d’autres, bien sûr… Entre les guerres civiles et révolutions qui ravagent la Lybie et la Côte d’Ivoire, la liberté nouvellement et chèrement acquise de la Tunisie et de l’Egypte, un tremblement de terre et un ras-de-marée viennent fragiliser le Japon… Tous les éléments réunis pour montrer à l’homme que la nature est plus forte que lui, toujours…

Le premier calligramme de cette série parle donc de geu, de conflits et de guerre civile… le dessin est symbolique, voire un peu simpliste, mais il n’est pas facile de représenter des notions à la fois si concrètes et si généralistes…

Calligramme Feu

Je chauffe mes mains à la fièvre du foyer,
Amaigri de guerres et de passions,
Éphémère étincelle de folie…
L’enfer s’embrasera, flamboiement de fureurs.
 
 

L’effet papillon

06 jan


L'effet Papillon

Quel jolie expression… très connue, je le sais bien !

C’est la métaphore de la théorie du chaos qui se résume en une phrase : « Un battement d’aile de papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas? »… Théorie du chaos météorologique, bien sur, mais croyez-vous qu’elle ne peut pas s’appliquer aux relations humaines ?

Peut-être une seconde de délai un jour m’a-t-elle empêchée de rencontrer quelqu’un qui aurait changé ma vie… Ou bien peut-être y a-t-il un destin qui dirige nos vies. Qui sait ?

Ordre et chaos se mélangent ;
Indistincts
Indiscible incohérence
Où se perd l’individu perpétuel…
Un papillon
De ses ailes mordorées
Poudre nos vies d’impromptu.