On voit toujours sa vie comme à travers un kaléidoscope. Déformée. Belle ou désespérée selon les heures. Et parce qu’il y a les jours de gloire et les jours de désespoir, j’écris, pour ne pas avoir à porter des sentiments trop lourds, qui m’étouffent. Quelques mots, simple échappatoire pour regarder sa vie dans un miroir et trouver le recul nécessaire pour avancer.

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Posts Tagged ‘Petits bonheurs’

RATPoésie

17 jan

Depuis plusieurs années déjà, la RATP sponsorise/vulgarise la poésie. En 2011, plusieurs partenariats culturels avaient été mis en place, et un en particulier avec Gallimard. Ainsi, dans les rames, en levant les yeux, on apercevait parfois des affichettes comme celle-ci, invitant à un moment de lecture.

L'adieu - Apollinaire

Je me suis arrêtée sur ce poème en particulier. Je trouve, personnellement, que les choix sont plus ou moins réussis, mais celui-ci m’a beaucoup plu. Il y a dans ces mots – simples – un je ne sais quoi qui me plait, qui me touche.

C’est peut-être dans la répétition du « brin de bruyère », qui je l’avoue me fait désespérément penser au dernier vers de « Demain dès l’aube » : « Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur », et dont l’allitération en b a quelque chose d’enfantin… C’est peut-être dans le rythme, aussi, qui est bien particulier : dans ces octosyllabes, on reconnaît des alexandrins :

J’ai cueilli ce brin de bruyère //
L’automne est morte souviens-t’en //
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps // Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

 2012 : « La RATP souhaite à ses voyageurs une année pleine de poésie » – vu non pas dans le métro mais sur le site directement… L’année 2012 démarre en fanfare avec ce merveilleux petit haïku : je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous !!

Haiku RATP

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Comme vous l’avez sans doute remarqué, j’ai eu quelques (gros) problèmes avec mon blog ces derniers jours : suite à une mise à jour malheureuse, tout est tombé par terre, et heureusement que j’ai eu de l’aide (beaucoup) pour réparer tout ça. Quoi qu’il en soit, tout est normalement revenu (ou presque) à la normale, vous pouvez de nouveau mettre des commentaires et voir les images – voire même lire les articles ! Si toutefois un problème subsistait, n’hésitez pas à m’en faire part !!

 

Mille et un petits bonheurs (55)

29 nov

Petit Bonheur 55

Mes yeux s’évadent vers le firmament, si loin
Des faiblesses de l’humain…

Ne voyez pas de mépris dans ces quelques mots… juste un besoin d’échappatoire face à l’étroitesse d’esprit de certains. L’anecdote qui m’a inspiré ces mots est tellement mesquine qu’une fois le premier énervement passé, elle ne vaut même pas la peine d’être racontée. D’ailleurs, ce blog n’est pas destiné à développer des propos scatologiques

 
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Mille et un petits bonheurs (54)

16 nov

Il faut que ça sorte, je vous le dit tout net, là, je sature. Que se passe-t-il ? Peut-être que vous penserez que je fais tout un foin de pas grand chose, mais là, j’en ai marre. C’est vrai, ça ira mieux demain, ou peut-être la semaine prochaine, le temps de prendre un peu de recul. Allez, je vous explique.

Vous le savez déjà (je crois bien l’avoir dit), je travaille comme ingénieur statisticien. Je ne donnerai pas trop de détails, on ne sait jamais. Dans un service assez important, donc, et sur deux tâches/projets en même temps. Jusque là, rien de grave, ce que j’ai à faire de mes journées est le plus souvent intéressant (dans mon univers personnel, ça ne plairait pas à tout le monde, mais c’est hors de propos). Et puis parfois, un client nous demande de faire une étude ponctuelle. C’est souvent un peu fastidieux, mais là encore ce n’est pas grave.

Et puis il y a des moments où tout dérape. Tout a commencé il y a dix jours. Le vendredi 5 très exactement. A 18h, un de mes chefs (plusieurs projets = plusieurs chefs, c’est là un souci) passe me voir. Déjà, il avait de la chance que je sois encore là. Oui, je commence tôt, vers 08h30, alors un vendredi soir, j’aurais pu partir bien plus tôt. Il passe donc et m’annonce qu’il faut absolument que je fasse une étude pour le 15. Dix jours ? Non, 4 jours de travail effectif, avec le 11 novembre. J’étais en train de penser à poser mon vendredi pour faire le pont, mais là, plus la peine d’y penser. Déjà, je suis un peu contrariée, surtout que la personne en question ne travaillait pas le vendredi. Mais tant pis, je m’y fais. Bref, le week-end passe.

Le lundi matin, je me penche sur l’étude. Je ne l’avais encore jamais faite. C’est tout un travail rien que pour récupérer les données. Et vient le moment où je me penche sur le code. La douche froide. C’est bien un langage que je connais, mais en version « orienté objet ». Pour ceux qui n’y connaissent rien, il s’agit d’un type de programmation bien particulier, où tout est codé sous la forme d’objets, les données, les fonctions etc. Je ne rentrerai pas trop dans les détails, je n’ai toujours rien compris à l’intérêt de la chose. Et surtout, suite à des problèmes interpersonnels qu’il serait trop long de raconter ici, j’ai développé une allergie à ce type de programmation. Mais je n’ai pas le choix, et je passe le reste de mon lundi dans un grand moment de solitude derrière mon ordinateur à essayer de décrypter les lignes de code qui me parlent chinois. Pas d’aide, bien sur.

Le mardi arrive, et je n’ai toujours pas avancé. Je mets alors à contribution un collègue, qui m’aide sporadiquement, et le travail commence tout juste à se débloquer, lorsqu’un autre de mes chefs arrive. Sans un sourire ni une excuse, il m’annonce qu’il faut que je réponde au plus vite à une autre demande urgente, toujours pour le 15. Pas le choix, je suis la seule « ressource disponible ». Je ne lui promet rien, mais je répond que je vais voir ce que je peux faire.

C’est là que tout dérape. Harcelée de deux côtés en même temps, je passe trois jours enchaînée à mon écran, à essayer de résoudre tous les petits problèmes que ne manquent pas de poser les travaux à faire en urgence.

Vendredi soir, 18h. J’ai quasiment fini, je pense que je serai dans les temps pour les échéances. Je lance un dernier programme pour qu’il tourne pendant mon absence, et je pars en week-end. Enfin.

Lundi matin, hier, donc, j’arrive tôt, et je trouve les résultats. Mise en forme rapide, j’envoie tout à mes deux chefs. Il est encore tôt. Je suis contente de moi. Puis l’un après l’autre passent, une fois, deux fois. Il y a telle chose qui ne marche pas. Il me faut tel indicateur. Revérifie les données, tel chiffre est faux. Mets moi les données en forme, il faut envoyer le mail. Pas une fois, ils ne se parlent, et moi, coincée entre les deux, je fais de mon mieux pour répondre aux diverses exigences. Mais de mon mieux ce n’est pas encore assez. Chef n°1 vient toutes les cinq minutes, et monopolise mon attention. Chef n°2 n’est pas content parce qu’il a envoyé un mail au client pour lui dire qu’il aurait les résultats le matin (enfin ça, c’est dans sa tête, en fait dans son mail il avait écrit « pas avant lundi »).

17h30. J’ai fini le travail n°1, tout est envoyé. Chef n°1 est content. Youpi. Pour le travail n°2, je suis en train de finir la mise en forme. Pas en avance, d’accord, mais est-ce vraiment de ma faute s’il y avait des données aberrantes dans la base supposée propre ? Et chef n°2 arrive. Pas vraiment aimable, loin de là. Commence à m’expliquer qu’il faut qu’il s’en aille. Moi aussi je voudrais bien partir. Qu’il faut que je gère mieux mon temps et mes échéances. Que j’aurais du le prévenir plus tôt. J’essaye de lui expliquer qu’en urgence, sur des tâches inconnues, il peut y avoir des imprévus. Il s’en fout, en rajoute une couche et finit pas me dire qu’il y a encore une autre chose à envoyer absolument le soir même. Et il s’en va. Il n’était pas là non plus vendredi quand j’avais des problèmes.

De la saturation la plus complète, je passe à l’énervement total. Mais ais-je vraiment le choix ? Chef n°2 ne m’a pas demandé si j’aurais le temps, mais je n’ai pas envie d’avoir à subir encore une fois ça. Alors, même si j’aurais voulu finir tôt, je reste, je fignole le mail, fait l’autre demande de mon mieux. Puisque les échéances sont plus importantes que le travail bien fait, je bâcle un peu l’étude. Et enfin à 18h55, juste à temps pour prendre la navette (le quartier craint, surtout lorsqu’il fait nuit), tout est envoyé. Je voudrais bien être contente de moi, mais je n’en ai pas la force. J’ai dix heures de travail acharné dans les pattes et l’impression de vraiment m’être fait avoir.

Alors j’avoue, j’ai eu du mal à me lever ce matin. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais du mal à avoir envie d’aller travailler. Parce que je savais déjà que chef n°2 ne me dirait pas merci d’avoir gâché ma soirée pour qu’il puisse en avoir une. Et j’aurais du rester dormir. Dans le métro, les gens n’avaient jamais été aussi chiants. Et que je te bouscule sans m’excuser, et que je viens me coller à toi alors qu’il y a de la place, et que je rigole avec ma copine, visiblement en disant du mal de moi (oui, je ne suis pas encore totalement sourde, alors quand on chuchote à un mètre de moi, j’entends). Et en arrivant, bien sur, pas un mot de chef n°2, juste un mail de chef n°3 (oui, encore un autre) pour me signaler qu’il y a une coquille – rien de grave – dans l’onglet 18 du fichier 24 (là, j’exagère un peu).

Alors j’en ai eu marre. Vraiment. Aujourd’hui, je pars tôt, même si on vient me voir pour un truc méga urgent, je ne suis pas là. Rendez-vous chez le médecin, mon chien est mort – qui a dit que je n’avais pas de chien, n’importe quoi mais je les e…… tous !!

D’ailleurs, j’ai déjà bien commencé ce matin. J’ai pris (enfin) le temps d’aller visiter tous les blogs que j’aime et de vous raconter cette histoire. Vos photos/anecdotes/sourires/commentaires m’ont mis du baume au cœur, et ça fait du bien de raconter ce qui ne va pas… Alors merci à tous et à toutes !!!

J’espère ne pas trop vous avoir saoulé. Mon histoire est un peu longue, alors je n’ai pas trop envie de la relire. Si vous n’avez rien compris, ce n’est pas grave, moi, je vais déjà un peu mieux. D’ailleurs, le ciel est presque bleu aujourd’hui.

Pour la route, et parce qu’il ne devrait pas être permis d’être mesquin comme ça, un petit bonheur : savoir que quand le monde se ligue contre vous, il y aura toujours des gens comme vous qui seront là pour me faire sourire !

On m’a tant bousculé que j’en aurais pleurer,
En vous lisant, j’ai purgé mon coeur.
 
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Mille et un petits bonheurs (53)

08 nov

Paris, quoi qu’on en dise, est un nid de créations artistiques… FIAC, Centre Georges Pompidou, Musée d’Art Moderne, tout n’est pas bon à prendre, mais tout ne doit pas non plus être jeté aux oubliettes. Ce que je préfère, c’est l’art de la rue, cette scupture surgie au milieu de nulle part et qui capte le regard pour l’interroger. La Défense est un vivier de ces champignons aux formes insolites, mais on en croise aussi parfois sans même s’en rendre compte (comme à la porte de Versailles, j’ai appris récemment qu’il y avait une installation de verre, à laquelle je n’avais jamais prêté attention – vous pouvez lire ici un article sur le sujet).

Mais reprenons, Paris est une boîte à merveilles. Bien sur, il y a l’éternellement célèbre – à l’esthétique contestable – Pouce de César. Il y a aussi eu un Icare décapité (je ne m’étendrai pas sur le sujet, j’en ai déjà assez parlé), qui aurait été enlevé. Il y a aussi des oeuvres moins connues, comme cette sculpture de Vincent Treu, que j’ai trouvé belle dans sa
simplicite de formes rondes et géométriques.

Le temps étant au gris, j’ai choisi le noir et blanc pour vous la présenter.

L’acier serpente et se tord sous les yeux pressés,
Impatient de prendre son envol.
 
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Mille et un petits bonheurs (52)

04 nov

Depuis plusieurs semaines déjà l’automne s’est installé. Les feuilles mortes ornent les trottoirs et la lumière se fait plus rare. Hier soir, quand je suis sortie de ma journée de travail, il faisait nuit noir, et ça m’a vraiment donné le blues. C’est le changement d’heure, me direz-vous, mais le matin, il ne fait déjà plus jour quand je me lève. Il est temps, pour moi comme pour la nature, d’entrer en hibernation… Et pourtant, cette même nature joue encore les prolongations, et dans un coin d’herbe, j’ai trouvé un pissenlit encore tout nuageux, qui résistait aux vent et aux assauts du temps. Souriez, le printemps est toujours là !!

J’ai cueilli, vaporeux, ses tendres flocons flous,
Et dans un souffle, faire un voeu.
 
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Mille et un petits bonheurs (51)

02 nov

Encore une fois, je voudrais vous rappeler combien il est important, parfois, de prendre le temps de s’arrêter pour regarder autour de soi, même, et surtout, dans le métro… Rappelez-vous des calligrammes du tramway, ou encore de la pluie de citations

Aujourd’hui, c’est à Montparnasse que je suis passée. J’y étais passée sans doute des milliers de fois avant, mais j’étais toujours pressée, à regarder fixement devant moi pour ne pas voir ce qui m’entourait. On pense à tort que le métro est toujours quelque chose de triste et de formaté. Et pourtant, de nombreux artistes en décorent les murs. Et c’est à bien plus de six pieds sous terre que j’ai levé les yeux. Life is poetry.

« La preuve que la lune est habitée : nos pensées la visitent chaque jour. »

Mots légués, ignorés, entre les pieds qui vont,
Viennent au hasard ; mots mélodies.
 
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