On voit toujours sa vie comme à travers un kaléidoscope. Déformée. Belle ou désespérée selon les heures. Et parce qu’il y a les jours de gloire et les jours de désespoir, j’écris, pour ne pas avoir à porter des sentiments trop lourds, qui m’étouffent. Quelques mots, simple échappatoire pour regarder sa vie dans un miroir et trouver le recul nécessaire pour avancer.

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Posts Tagged ‘Inspirations’

Quel que soit…

06 fév

Un petit défi, pour ne pas « perdre la main » : comme je trouve toujours que les mots que j’utilise sont trop complexes, que j’ai parfois l’impression de les poser pour « faire genre » et pas vraiment pour le sens qu’ils véhiculent, je me suis procurée une liste des 600 mots (adjectifs, noms et verbes) les plus courants de la langue française, que j’ai uniquement utilisés ici (avec quand même quelques adverbes simples, pronoms, etc…). Au moins, vous comprendrez tous les mots, n’est-ce pas ?!? Et comme quoi, on peut faire un poème quel que soit le vocabulaire utilisé !!

cloitre & solitude
Quel que soit le temps
Quel que soit l’instant
Le petit bonheur
Offrant ses couleurs
Au matin
 
On est toujours seul
 
Tant de fois
Dans tes bras
Cœur brûlé
 
Quelle que soit l’envie
Le jour ou le prix
D’un autre chemin
Quelle que soit la main
Que l’on tend
 
On est toujours seul
 
Ombre bleue
Dans tes yeux
Si légers
 
Quelle que soit la peur
Quelle que soit l’erreur
La douce musique
Ou l’esprit se risque
A rêver
 
On est toujours seul
 
Sans un bruit
Dans la nuit
Vent mauvais
 

Clair-obscur

24 jan

La simplicité des mots d’Apollinaire me fascine. J’aimerais savoir en faire autant. J’aimerais pouvoir envoyer une flèche d’émotion pure comme lui, ou comme d’autres grands poètes. Je trouve que la force des mots est d’autant décupluée quand les mots sont simples – mais je ne sais pas écrire des mots simples. Portée par la forme si particulière de L’adieu, j’ai pourtant essayé. J’hésite entre dire que c’est un honteux plagiat et une vaine retranscription. Pourtant, je ne suis pas si mécontente, finalement. Certes, les mots ne sont pas aussi fluides, un peu trop maniérés, mais je trouve qu’il y a des progrès par rapport à mes habitudes qui me semblent bien ancrées…

Ombre du temps - cadran solaire

Clair-obscur
 
J’ai ramassé l’ombre du temps
Les moissons déjà sont fauchées
Dans le pays aux talismans
Regard voilé Ombre du temps
Mille fois par moi estompée
 
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Badinage

12 oct

Je serais curieuse de savoir ce que vous pensez de ces vers… et surtout, ce que, à la lueur de vos expériences personnelles, vous comprenez/interprétez : à la question « Pour vous, de quoi parle ce poème ? », que répondriez-vous ?

 

Photo barbelés
 
Tu joues à me blesser, à cisailler mon cœur
De ton silence. Un sillon d’encre de chagrin [1]
Barre tes lèvres closes, serrées de dédain.
Le dos tourné, comme un écran de parchemin [2].
 
Tu joues à autopsier mon cœur, à taillader
Mes tripes avec un scalpel de glace noire [3] ;
Et l’injuste douleur fait pleurer mes yeux secs
De larmes corrosives  de sable et de sang ;
 
Comme un ruban carmin suturé sous ma peau [4],
Comme un coup du destin, bouffon noir manœuvré
Par tes doigts caressants et rocailleux, dressé
Entre ton âme et moi, éthéré et terrible.
 
Et tu joues à n’aimer qu’une image de moi
Image imaginaire, transformée idéal ;
Et tu joues avec moi comme un chaton persan [5]
Sa pelote de laine, cruel innocent.
 
Tu joues à m’ignorer comme un miroir sans tain,
Voilé [6], qui ne reflète même plus tes yeux,
Qui renvoie ton regard affamé d’idéal,
Envahi de maux [7] fallacieux et silencieux.
 
Je cloître mon destin, vapeur désincarnée,
Et m’envole hors d’un corps qui ne m’obéit plus,
Hors d’un cœur qui ne m’anime plus, et puiser [8]
Dans un songe obscur la volupté de l’oubli.
 

[1] Référence à l’encre de chine, voir aussi cet ancien poème : Rupture.

[2] Référence à l’expression « écran de fumée ». J’ai hésité à modifier l’expression en « écran de dérision », qui aurait peut-être plus simplement exprimé mes pensées, mais je préfère le côté mystérieux et cassant du parchemin, qui de plus rappelle l’encre des vers précédents.

[3] L’expression glace noire est principalement utilisée pour parler d’une couche de glace très mince, due à la condensation ou à une pluie très fine, qui se dépose sur les routes et prend la couleur du bitume. Cette forme particulière de verglas est particulièrement traitre car elle est invisible. J’ai aussi pensé, à travers cette expression, à la neige carbonique, ou glace sèche. Cette matière (du dioxyde de carbone solidifié) n’existe qu’à des températures très froide (-78,5°C). Son contact provoque donc de graves brûlures, et quand elle est exposé à l’air libre, elle se « sublime » (c’est-à-dire se transforme en gaz) rapidement et sans laisser aucun résidu. La neige carbonique n’est pas noire, dans la réalité, mais se rapproche pour moi de l’expression glace noire puisque le carbone sous sa forme la plus fréquente (mines de crayon) est noire.

[4] Référence à Manon des sources : « Ugolin [voit Manon] se baigner nue sous la chute et qui en tombe aussitôt amoureux. [...] Il en perd l’appétit et le sommeil et il néglige son travail pour ne plus passer son temps qu’à épier Manon dans les collines. Un jour, il trouve un bout de ruban [appartenant à] Manon qu’il se coud sur la poitrine, à la place du coeur. » Source

[5] Se lit aussi « Perçant ».

[6] La « mise en voile » des miroirs est une tradition liée à la mort. De nombreuses explications sont envisageables, pour éviter que l’âme du défunt soit visible dans le reflet, ou parce que le miroir approché du visage du mourant a longtemps servi à reconnaître, par l’absence de buée sur sa surface froide, l’état de cadavre. Certains avancent aussi que l’âme du défunt, si elle se voyait dans un miroir, serait tentée de rester attachée à la demeure au lieu d’aller vers « d’autres niveaux ». Les miroirs ont toujours eu une fonction « spéciale » et représenté un danger. Dans la mythologie grecque, ils ont une grande importance : on les retrouve dans les mythes de Narcisse, Méduse, Phébus, etc.

[7] Se lit aussi « Mots ».

[8] Se lit aussi « Epuisé ».

 
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Carnet d’inspiration – Voyage Fantôme

21 sept

Carnet inspirations collage voyage fantome

Sur les flots de la nostalgie,
L’homme artiste joue
sans faire de bruit ;
Magicien des mots – mirages
des liens trop forts,
Mélange subtil d’art et d’amour
 

Carnet d’inspiration – Univers

20 sept
Carnet-inspirations-collage-Univers
 
Toîle étoile
Au bout des doigts,
Un chercheur d’or
redessine
Une pluie d’images poétiques ;
Croque un autre soleil.
 
Les jours qui restent
marquent le pas,
Minute de vérité
Entre ombre et lumière.
 

La terre est bleue comme une image

05 sept

C’est la force de certaines phrases de nous marquer, de nous inspirer. Merci Lily et Josette de nous offrir votre interprétation personnelle du poème d’Eluard – c’est beau, je trouve, de se réaproprier une oeuvre, ça n’a rien de destructeur, même si les mots ne sont plus les mêmes .

 La terre est bleue
Comme une orange
Plénitude sphérique
Où les mots s’abreuvent
A la source fraîche
De nos cœurs tendres et fous
Quelques secrets lovés
Dans le creux de son âme
Fondent en sourires en baisers
Sur ses lèvres sur ma peau
Au chant de l’oiseau vert
Langue qui roule dans mon cou
Un collier de fenêtres
M’apporte lumière et vie
Toutes les joies solaires
Qui irradient son corps
Des ailes couvrent les feuilles
Sur les chemins de ta beauté.
Lily
 
La terre est bleue comme une orange
L’âme est bleue d’avoir vécu
Voyez comme c’est étrange
J’avais soif d’absolu…
Josette
 

La terre est bleue comme un matin

02 sept

Suite à ma diatribe (pas toujours justifiée, je l’avoue Lily !) à propos du célèbre poème d’Eluard (ICI), Martine et Michelaise m’ont offert des « réinterprétations » que je me m’empêcher de faire partager à ceux qui ne les auraient pas vues, parce que je les aime beaucoup !!

 La terre est bleue comme une orange
L’aube lui passe autour du cou
Un fin collier de fenêtres,
Tous les secrets, tous les sourires
Frêles vêtements d’indulgence
Subliment ses douces courbes
A la croire tout nue…
Martine
 
La terre est bleue comme une orange,
Espoir déçu, attente étrange…
La terre est sous nos horizons
Qui doucement, sans bruit, se font
Et se défont, azurs incandescents
Perdus en rêves indécents.
Michelaise
 

Mon amie coccinelle

25 juil

Coccinelle

Mon amie coccinelle
Ramassée – rituel -
Sur un tronc de canelle
M’a raconté le ciel,
Pastel.
 
Je lui ai demandé
Comment elle savait ;
Elle était envolée.
Je l’ai suivie du nez
Des pieds.
 
Elle m’a menée en vers
Au bout de l’univers.
J’ai croisé trois hivers
Et douze primevères
Ouverts ;
 
J’ai croisé un matin
Et deux ou trois destins
Un peu trop cabotins ;
J’ai croisé un fortin,
Lointain,
 
Qui retenait le vent
Piégé par des aimants ;
J’ai croisé un géant
(J’ai buté dans ses dents),
Pourtant,
 
Au mépris des dangers
(J’ai croisé un berger
Qui m’a dévisagé !)
Dans les cieux j’ai plongé,
Léger.
 
Mon amie coccinelle,
Retrouvée, pêle-mêle,
Au pied d’un arc-en-ciel
S’est moquée de mon zèle.
Cruelle !
 
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Deuil

06 juil
Je n’ai pas pu pleurer.
Comment l’aurais-je su
Quand ton visage n’est
Qu’un reflet dans mes yeux ?
 
Reflet pâle et bleuté,
Chatoiement effacé
Par cent mille étrangers
Qui ne me sont pas chers.
 
Infiniment lointain
Ton regard s’évapore…
Et mes yeux se diluent
Dans quelques souvenirs.
 
Infiniment passé…
Je me souviens d’un cœur
Cent fois attentionné,
Mille fois souriant.
 
Instantané sépia,
Ton ombre file et fuit.
Je me souviens, et puis
Je ne sais pas pleurer.
 
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Le soleil noir

28 juin

Il y a des choses, comme ça, qui me trottent dans la tête et refusent de s’en aller. En ce moment, vous l’aurez compris, il y a la typographie, mise en écriture des mots.

Il y a aussi l’anamorphose, que je croise souvent, et qui est si méconnue. Ainsi, il y a quelques jours, on me disait (à propos de mon adresse mail, qui contient aussi ce mot) : « Oh, une de mes amies a quasiment le même mail, c’est étrange que vous ayez inventé le même mot ». J’ai ri. Plutôt jaune je l’avoue. Pourtant, le mot est bien dans tous les dictionnaires : « Œuvre, ou partie d’œuvre, graphique ou picturale, dont les formes sont distordues de telle manière qu’elle ne reprenne sa configuration véritable qu’en étant regardée soit, directement, sous un angle particulier (anamorphoses par allongement), soit, indirectement, dans un miroir cylindrique, conique, etc. »

En ce moment, il y a aussi cette phrase qui me trotte dans la tête (et dire que ça fait des années, comme ce vieil article le montre : ICI) : « Le Soleil noir de la Mélancolie« .

J’ai pris mon encre, mes stylos, mon ordinateurs. Voici les résultats :

Absolue mélancolie

Absolue mélancolie

(encre noire, papier verger, stylo bille blanc)

 Anamorphose mélancolie

Anamorphose : « Le soleil noir de la mélancolie »

(Logiciels AnamorphMe et paint)