On voit toujours sa vie comme à travers un kaléidoscope. Déformée. Belle ou désespérée selon les heures. Et parce qu’il y a les jours de gloire et les jours de désespoir, j’écris, pour ne pas avoir à porter des sentiments trop lourds, qui m’étouffent. Quelques mots, simple échappatoire pour regarder sa vie dans un miroir et trouver le recul nécessaire pour avancer.

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Archive for décembre, 2012

Oulipo, Twitter, Nouvelles en trois lignes : Réflexions sur la nano-littérature

18 déc

A mesure que se développent les nouvelles technologies, la littérature, elle aussi, a tendance à évoluer. Tout va plus vite, personne n’a plus de temps. Bientôt, le roman comme nous le connaissons aujourd’hui – vous savez, des lignes et des lignes de mots alignés sur des feuilles de papier – n’existera plus. Il n’y aura plus que de la littérature augmentée, avec vidéos, musique, et tant d’autres choses dont nous n’avons même pas idée. Parce que les gens se lassent plus vite, se concentrent moins longtemps.

J’aurais pu dire cela, sans doute. Vous servir sans réfléchir le refrain du « c’était mieux avant ». Parce que c’est vrai que l’arrivée de l’informatique et des supports numériques est une réelle évolution, aussi importante dans nos vies, sans doute, que l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie.

Alors, oui, il est possible que la littérature (à tous les sens du terme, ne soyons pas sectaires), disparaisse. Je ne suis pas devin. Mais je n’y crois pas. La littérature… comment pourrait-on la définir ? Personnellement, j’aurais tendance à dire « l’art de raconter des histoires ». Je trouve que c’est assez vaste pour tout englober, du roman de gare à la pièce de théâtre, de la poésie à l’essai philosophique. Et cet art a toujours existé. Avant qu’on écrive, il y avait déjà des philosophes, des peintures rupestres… Avant qu’on sache faire des livres, il y avait des troubadours et des troupes de théâtre. Aujourd’hui, il y a tout cela (sous de nouvelles formes, mais les bandes dessinées ne sont au fond pas si différentes des vitraux des cathédrales, et les speakers à la radios ont sans doutes des ancêtres baladins…). Les choses changent, mais elles restent les même, au fond. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’hommes et de femmes qui ont besoin de rêver. Oui, vous avez bien lu : besoin, comme dans besoin physiologique. Boire, manger, dormir, et rêver. Oh, certes, les aspirations évoluent au fil du temps et des civilisations. Avant, on rêvait de manger à sa faim ou de tuer un mammouth. Aujourd’hui, on rêve de richesse, de célébrité, d’élévation spirituelle. Mais au fond, c’est la même chose…

Brancusi : Muse_endormie

Enfin, assez de cette philosophie de bazar. Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? La littérature, une partie émergée de l’iceberg des rêves humains, est semble-t-il en train d’évoluer. Parce que beaucoup de choses vont plus vite et que tout le monde (beaucoup de monde) a accès à de nouveaux moyens de communication et d’expression. Vous n’avez jamais été étonné par le nombre de blogs, l’explosion des réseaux sociaux ? Pourquoi tout cela ? Parce que rêver, s’exprimer, se raconter, est un réel besoin pour tellement de gens.

Alors oui, chacun a sa manière de « dire » les choses. Par des mots ou non. Avec toutes les imperfections qu’on voit parfois, mais qui après tout sont humaines.

Enfin, bref, pour en revenir au sujet principal de ce post, je me suis rendu compte récemment qu’une nouvelle forme de littérature était en train d’apparaître. Ce que certains appellent la nano-littérature, ou la twittérature. Qu’est-ce que c’est que ça ? Faites attention si vous cherchez sur votre moteur de recherche préféré, vous risquez de tomber sur un livre – qui au demeurant a l’air fort amusant – qui résume un grand nombre de livres classiques en moins de 140 caractères. Mais la twittérature, ce n’est pas ça. C’est en réalité l’utilisation de la contrainte des 140 caractères dans une œuvre littéraire. On y trouve, en vrac, de très courtes nouvelles, des phrases poétiques, des romans écris au fil des tweets…

Twitter

Très intéressant, vous dites vous… Ou peut-être êtes-vous en train de penser que décidément, tout le monde se targue de littérature. Peut-être encore vous dites vous que le monde court à sa perte parce que les gens perdent le goût de prendre leur temps… A moins que vous ne vous disiez, comme moi : « Mais, ce n’est pas nouveau du tout, tout cela ! ».

Et oui ! Avant… avant, il y a eu Pascal et ses pensées, Fénelon et ses nouvelles en trois lignes, et tous les auteurs de haïkus, et les « very short stories » d’Hemingway, et les poètes fous de l’OuLiPo. L’art du fragment existe depuis belle lurette, et n’a fait que changer de nom, encore une fois… C’est tellement difficile de faire du neuf, on a parfois l’impression que tout a été dit…

Pourtant, il y a dans cette approche minimaliste de la littérature quelque chose de fascinant. Comme si cette forme de pensée morcelée était – je ne sais pas comment l’exprimer mieux – un texte à trou que chacun doit remplir et qui atteint ainsi une forme nouvelle d’universalité. Alors oui, j’ai envie de m’y plonger un moment. Peut-être est-ce le contre coup des phrases trop longues du mois de novembre… Peu importe, en fait : j’ai eu envie de m’y plonger, et je me suis inscrite.

Je ne sais pas… Je crois que j’y reviendrai ces prochains jours, ces prochaines semaines. Il y a tellement de choses à y faire, je crois…

Twithaiku : haiku sur twitterEn attendant, j’ai décidé de participer au concours de Twithaikus (informations ici). D’ailleurs, si vous avez envie de me suivre sur twitter, chercher @koka_light…

 

Nano-end ou comment s’est terminé le mois de novembre

04 déc

Certificat Nanowrimo 2012

Fière de moi ou pas, telle est la question…

J’hésite, voyez-vous… J’avais abandonné bien avant la fin du mois de novembre l’idée de finir mon roman – que ce terme est pompeux ! Je savais aussi que je n’aurais pas de mal à atteindre les 50 000 mots. Parce que je n’ai pas eu de mal l’année dernière, et que mon projet de cette année me tenait plus à coeur.

Alors voilà : d’un côté, j’ai réussi à avancer plus que prévu. J’en suis à l’avant dernier chapitre (bon, d’accord, c’est là où tout se corse et il faut vraiment que je sois pertinente), et je n’en espérais pas autant. Je n’imagineais pas avancer autant dans l’histoire, à vrai dire. Et en plus, j’ai réussi, finalement, à ne pas trop dévier de mon scénario, et c’est un autre sujet de fierté.

Mais d’un autre côté, j’ai péniblement dépassé les 85 000 mots, alors que j’espérais atteindre les 90 000. Et mes deux derniers jours ont été – comment dire… – lamentables, c’est le mot. Donc je ne suis pas très fière de moi.

Mais le mois de décembre est là, et je ne peux plus revenir en arrière. Alors, la suite, me direz-vous ? Je vais essayer de terminer cette histoire (qui commence vraiment à me lasser) avant la fin du mois de décembre. Après une petite pause, bien méritée, non ? Après, il y aura un permier cycle de relecture, et puis pourquoi pas, je proposerai ma prose en béta-lecture. Enfin, j’y reviendrai le moment venu.

Winner Nanowrimo 2012

Quelques extraits :

Incipit : Laella avait passé plusieurs heures devant la porte avant d’être autorisée à rentrer dans la chambre mortuaire.

Autre incipit : La musique résonnait, étouffée par le brouhaha des conversations. Incapable de se concentrer sur ce qui se disait autour d’elle, Viviane se sentait partir dans ses pensées. Pourtant, elle n’avait pas le droit, pas aujourd’hui. Il fallait qu’elle se souvienne que cette fête était en son honneur, sa fête, en quelque sorte, même si elle ne l’avait ni voulue ni préparée.

50 000 mots : Il admira les boucles de cheveux sur sa nuque, s’échappant en désordre de sa coiffure.

Dernière phrase : Pas encore écrite !

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